L'épisode La naissance d’une nation

Aimée tente de définir ce qu’est un Métis dans le
contexte du Canada moderne. Elle commence sa quête en
revisitant l’histoire de la résistance des Métis de la
rivière Rouge en 1869, avec à leur tête Louis Riel, son
arrière-grand-oncle. En compagnie du père
Guy Lavallée, un Métis de Saint-Laurent au
Manitoba, elle fait le tour de la question.

Guy Lavallée

« Moi, Guy Lavallée, père oblat métis ayant œuvré pendant de nombreuses années dans la communauté métisse du village de Saint-Laurent au Manitoba, j’ai effectué des recherches sur les locuteurs du michif de mon coin de pays. J’ai bien sûr pris connaissance assez rapidement du rôle important qu’a joué Louis Riel dans l’histoire de la province et du pays en général.

Le grand héros métis, c’est lui : il a mobilisé les Métis de la Rivière Rouge quand ils le lui ont demandé pour contrer les colons anglophones canadiens qui étaient venus leur voler leurs terres. Il a formé un gouvernement provisoire, a affirmé qu’il n’y aurait pas de colonisation sans tenir compte des Métis. Il a rédigé une charte inclusive qui comprenait des droits pour les Blancs, les Indiens, les anglophones et les francophones. C’était assez révolutionnaire et très moderne comme geste. Il a combattu pour nos droits, nous a donné un symbole, un hymne, une armée.

On ne l’a pas reconnu, le gouvernement central n’a pas reconnu la nation métisse, et on l’a même pendu après la bataille de Batoche. Mais depuis lors, la Nation métisse existe!!! Et leur mythe fondateur est là pour le prouver. C’est là un des plus grands moments de notre histoire canadienne. »

Cérémonies de purification

Les Métis pratiquaient les cérémonies de purification héritées des Autochtones. Celles-ci débutaient habituellement par l’utilisation de certaines herbes. Le tabac était la première herbe utilisée par les ancêtres. Il était cultivé à partir des graines puis cueilli et haché finement. La sauge et le foin d’odeur (« sweetgrass ») servaient d’herbes purificatrices lors de « smudging », une cérémonie de purification et de guérison du corps humain et de l’esprit. Les herbes étaient déposées et brûlées dans des coquilles d’huitres. Ces coquilles provenant d’étendues d’eau rappelaient l’importance de l’eau pour la vie. Avec les mains ou à l’aide d’une plume, la fumée était recueillie et conduite aux parties du corps à purifier.

Finalement, le cèdre était utilisé dans des infusions, comme un thé, et des bouts de branches de cèdre étaient aussi placés dans les maisons au-dessus de la porte d’entrée afin d’éloigner les malheurs. Une autre pratique consistait à garder des herbes dans une petite pochette en cuir portée autour du cou ou gardée dans une poche. Cela servait à rappeler leur dépendance envers le créateur et leur raison d’être dans le monde.

Sculpture de Louis Riel

Une deuxième sculpture de Louis Riel a été érigée le 12 mai 1996 dans la cour du Palais législatif du Manitoba. Réalisée par le sculpteur canadien Miguel Joyal, cette statue rend hommage à l’histoire et aux contributions des Métis, ainsi qu’aux efforts déployés par Louis Riel, chef métis et fondateur du Manitoba.

La sculpture a été construite à Toronto pour ensuite être transportée à Winnipeg. Vêtu d’une ceinture fléchée et de mocassins, Louis Riel tient dans la main gauche la Loi de 1870 sur le Manitoba, et ce, pour illustrer la place qu’occupe Louis Riel dans l’histoire du Canada. La posture de Louis Riel évoque son leadership et sa force.