L'épisode L’identité métisse aujourd’hui

Aimée rencontre une famille de jeunes Métis citadins; tous affichent fièrement leur identité, à commencer par Stéphane, professeur et chercheur à l’UQAM (projet sur la résilience des Métis), son frère Christian, informaticien, et ses deux sœurs Andréanne et Marie-Josée, des artistes. Tous
veulent se réapproprier à leur
manière leur héritage et leur culture métisse.

Stéphane Dandeneau

« Moi, Stéphane Dandeneau, je suis un académique métis moderne avec un Ph. D. Je vis dans une métropole canadienne qui est Montréal. J’ai fait des stages avec des Métis en Nouvelle-Zélande et aux Philippines. Mais surtout, j’ai fait des recherches postdoctorales sur la résilience de la communauté métisse francophone du Manitoba : pourquoi y a-t-il encore des Métis aujourd’hui, et comment ont-ils fait pour survivre à tous les affronts de l’histoire au Canada? Comment se caractérise cette résilience?

Je ne vis pas de chasse et de pêche, ou de tout autre folklore métis ou autochtone. Mais j’assume totalement mon identité métisse. Et je cherche à savoir comment les jeunes de mon âge qui n’ont plus peur de s’afficher comme Métis vont vivre leur identité. Quels seront les processus associatifs, les groupes de pression, les regroupements de tout acabit, les leaders qui permettront à la réalité métisse de survivre dans un univers de plus en plus mondialisé? Je ne veux pas que nos valeurs disparaissent, que la diversité culturelle perde encore une de ses manifestations. »

Valeurs et histoires

« Les valeurs métisses auxquelles j’adhère, ce sont surtout celles de m’assurer que notre histoire soit bien connue, celle de nos ancêtres. C’est comme ça que je vais poursuivre la tradition, savoir d’où je viens pour savoir qui je suis et en être fière. Par exemple, j’adore m’asseoir avec mon grand-père maternel pour qu’il me raconte des histoires. Il se sent encore un peu embarrassé de me les raconter parce qu’il a souffert de discrimination à l’école. Mais, quand je lui dis que je suis intéressée, que je veux transmettre ces histoires à mes enfants et à mes nièces, il consent à me raconter les histoires de nos ancêtres. Ce contage permet à cette culture de demeurer vivante. » – Marie-Josée Dandeneau