L'épisode Les droits des Métis

Aimée porte sa réflexion sur les droits des Métis aujourd’hui. Elle va à la rencontre de Paul Dérosier, un Métis franco-manitobain qui pratique la pêche de subsistance. Puis elle se rend au Saguenay, où elle rend visite à Ghislain Corneau, un Métis de la région qui est poursuivi pour chasse et pêche illégales. Quels sont les droits des Métis aujourd’hui, où commencent-ils et où s’arrêtent-ils?

Ghislain Corneau

« Moi, Ghislain Corneau, j’ai reçu une contravention pour chasse illégale dans la région de Chicoutimi au Québec. Je suis un Métis et j’appartiens à une communauté métisse historique ; avec mes amis métis de la région, je revendique mes droits ancestraux de Métis, tels qu’ils sont enchâssés dans la Constitution de 1982 à l’article 35. J’ai l’appui de ma communauté, la communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan. En cela, je m’appuie sur le jugement Powley de 2003 au cours duquel la Cour suprême du Canada a reconnu de tels droits à des Métis de l’Ontario. »

L’importance et les impacts du Jugement Powley

Le Jugement Powley de 2003 a reconnu à une famille de Sault-Sainte-Marie des droits autochtones, mais en circonscrivant la définition même de Métis (nécessité de prouver l’existence d’une communauté historique et géographique).

L’article 35 de la Constitution canadienne de 1982 reconnaît des droits autochtones aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis. En général il s’agissait des droits territoriaux, des droits de chasse, de pêche et de cueillette de subsistance. Or, l’application de ces droits dans la réalité, particulièrement ce qui concerne les Métis, n’avait jamais été vraiment démontrée avant la cause Powley de 2003, cause qui opposait les Powley et la province de l’Ontario pour chasse illégale.

Le jugement, qui est monté jusqu’à la Cour suprême du pays, a donné raison aux Métis de la région et a permis de mieux circonscrire qui sont les Métis et quels sont leurs droits. Depuis, plusieurs communautés métisses de partout au pays ont revendiqué des droits similaires à ceux de la communauté de Sault-Sainte-Marie.

La cause Powley a eu plusieurs effets : la reconnaissance de droits de plusieurs communautés, le financement des organisations représentant les Métis, les chaires d’études, les bourses pour la recherche sur la culture métisse, de l’argent pour des programmes sociaux divers, dont l’aide aux jeunes Métis, etc.

Ceintures fléchées

Les ceintures fléchées sont le symbole métis le plus reconnu, représentant l’identité et la fierté métisses. Aussi nommées « ceintures de l’Assomption », ces accessoires colorés étaient un article de traite populaire pour les Métis ainsi que pour les commerçants de la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la Baie d’Hudson. Plus tard, les Métis confectionnaient leurs propres ceintures dans la région de la rivière Rouge.

À l’époque, les ceintures fléchées avaient de multiples usages. Elles étaient principalement utilisées pour garder les manteaux fermés et porter des objets, mais étaient parfois utilisées, entre autres, comme garrots, débarbouillettes, cordes, couvertures de selles et nécessaires à couture (à l’aide des bouts de frange).